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Face au déluge

08/10/2013 | | 0 Comment |

Face au déluge

Voici le dernier article de cette aventure. Je ne suis pas arrivé au Canada. Du moins, pas exactement comme je le pensais. Je vous écris de Montréal, Québec où j'ai décidé de passer un peu de temps afin d'avoir un temps de transition après le trek avant de décider vers quoi me diriger.

 

La dernière fois que j'ai écrit, j'allais m'attaquer au nord de l'Oregon qui m'a réservé quelques belles surprises, Mt Hood, Mt Jefferson, deux montagnes qui semblent sortir de terre comme deux géants au milieu d'un paysage roulant. Cette région, volcanique encore en activité propose des paysages hors du commun avec, par exemple, des champs de lave séché. Appa et moi avons essayé de garder un bon rythme à travers cette section pour atteindre la frontière du Washington au plus vite. Quand nous avons atteint la ville de Cascade Locks, sur les rives de la Columbia river, nous nous sommes réjouit a l'idée de n'avoir plus qu'un état à traverser. Dès le lendemain, nous avons traversé le Bridge Of The Gods et avons couvert nos premiers miles dans l'Evergreen state. On a vite comprit pourquoi il était nommé ainsi. À quatre heure du matin, alors que nous dormions à la belle étoile, il a commencé à pleuvoir. Nous pensions être à l'abri des averses pour la nuit dans la mesure où nous nous sommes couché sous un ciel étoilé. Nous avons donc rangé nos sacs à la hâte et commencé à marcher dans le noir. La pluie n'a pas quasi pas prit de répit depuis...

Lorsque nous acons quitté Trout Lake, Appa a décidé de pousser pour arriver à White Pass au plus vite. J'ai marché quelques jours avec une trekkeuse originaire de l'Oregon. Elle boitait bas et semblait souffrir. Après deux jours, elle ne pouvait tout simplement plus mettre de poids sur sa jambe gauche. Il m'a donc fallu porter son sac, en plus du mien, sur les vingt-cinq kilomètres nous séparant de White Pass où une amie à elle venait la chercher. On a apprit plus tard qu'elle avait une fracture de fatigue sur laquelle elle marchait depuis déjà un moment.

Il est toujours difficile de voir quelqu'un devoir abandonner, et plus on est proche, plus c'est dur à accepter pour ces personnes là. Pour nous autres, il n'y a qu'une option, continuer.

Afin d'affronter les dernières semaines de marche avec mes camarade de galère et non seul, je me suis fait déposer à Chinook Pass depuis White Pass, manquant environ cinquante kilomètres de trek en faisant cela. Entre Chinook Pass et Snoqualmie Pass, je me suis arrangé pour trouver un refuge une fois la nuit tombée pour éviter d'être sous la pluie. Il y avait une cabane ouverte à tous le premier soir et la seconde, j'ai repéré sur la carte une ancienne station météo abandonnée proche du chemin. Lorsque je m'y suis rendu, elle était ouverte malgré le panneau nous interdisant d'entrer et l’électricité n'avait pas été coupée. Avec un autre groupe de randonneurs nous avons donc allumé le chauffage électrique et avons dormi au chaud. C'était nécessaire après avoir été sous la pluie toute la journée durant laquelle j'avais beau marcher en portant deux vestes ainsi que mon bonnet, il m'était impossible de ne pas avoir froid, l'humidité s’immisçant partout. Mes mains étaient si froides que je ne pouvais pas utiliser mon réchaud. Il m'a fallu demander l'aide d'autres randonneurs afin de me faire à manger. Le lendemain, nous sommes arrivé en ville et une dame, Carol, nous a proposé de rester chez elle. Elle nous a déposé en ville afin que nous puissions nous ravitailler avant de nous préparer un repas et nous a également laissé utiliser la salle de bain et la machine à laver. Je ne répéterai jamais assez que la bonté inattendu venant d'inconnus est une chose qui rend les gens et le monde meilleurs.

Appa, Mac, Moist et moi avons quitté Snaquolmie plein d'espoir et avons atteint Stevens Pass quelques jours plus tard. Nous n'avions pas prévu de nous y arrêter et portions assez de nourriture pour nous rendre directement à Stehekin mais le froid et l'humidité associés à l'opportunité d'un repas en ville et d'une bière ont fini de nous convaincre.

Le lendemain, nous avons marché trente kilomètres en sortant de Stevens Pass, toujours sous la pluie et rencontrions des randonneurs qui avaient décidé de faire demi-tour vu les conditions. Nous nous pensions meilleurs et avons continué... Le lendemain matin, après une nuit où il était impossible de ne pas avoir froid, Mac et moi nous sommes réveillés entourés de quelques centimètres de neige et sous la pluie. Tout ce que nous possédions était trempé. Après une discussion d'une heure, nous avons décidé de rebrousser chemin jusqu'à retrouver Appa et Moist et de suivre leur conseil quant à la décision de faire demi-tour ou pas. Dès que nous avons retrouvé nos camarades, leur décision était prise : on rebrousse chemin. On a donc mit le cap sur le sud, sept heures durant marchant dans des flaques nous arrivant à la cheville et glissant sur le chemin qui n'était plus qu'un amas de boue.

Le soir même nous étions a Seattle, Washington, où nous suivions chaque nouvelle annonce météo et où nous tentions de prendre une décision. Après deux jours et une alerte météo qui annonçait l'arrivé de tempêtes successives, il était clair que je ne remarcherai pas sur le PCT cette année. Le sheriff local demandait que les trekkeurs s'abstienne de continuer et nous entendions des histoires de zones qui avaient été sévèrement enneigé seulement une journée après que nous y soyons passé. Je suis donc retourné à Portland où j'ai passé deux jours avant de venir ici, à Montréal où je m'accorde un peu de temps pour faire le point. Une période de six jours qui a été très stressante. Depuis lundi dernier, une amie, RocketLama, était porté disparue entre Trout Lake et White Pass. Plusieurs équipes de recherche ont été envoyé, la zone a été survolé en hélicoptère et une groupe de trekkeurs se sont portés volontaires pour aidé à la retrouver. Des traces de pas ont enfin été repérés vendredi et elle a été retrouvé, saine et sauve samedi matin. Un autre couple, Coconut et MakeDew ont dû être évacué par hélicoptère après avoir été enneigés et immobilisés pendant trois jours et ont été transportés à l'hôpital de Portland. Tout ceci est une leçon d'humilité face à la nature et m'aide à me convaincre que j'ai pris la bonne décision.

 

Après avoir été rassuré en entendant que tout le monde allait bien, j'ai pu pleinement profiter du faire valoir québécois : la belle Montréal. Tous les français qui viennent ici veulent y rester, je ne peux pas les en blâmer. Ville jeune, dynamique qui, à cette période de l'année se pare de son plus bel habit. En effet toutes les feuilles arbore leurs couleurs d'automne et les rues semblent être décoré d'or. Après presque six mois sur la côte ouest, il était rassurant de se retrouver dans une ville qui présente une architecture plus ancienne, presque européenne. Je pouvais aussi utiliser mon français qui commençait à rouiller ce qui fait qu'il lui arrive d'être entrecoupé de mots anglais. A Montréal, je paressais presque local ! En effet, dans cette ville fier de sa langue française et de ses connections européennes, il y a aussi une facette très internationale. Les universités attirent beaucoup d'américains et les gens bascule du français à l'anglais avec une aisance presque insolente. J'ai aussi pu revoir des amis québécois rencontrés au cours de mes voyages comme Alex, rencontré à Budapest et chez qui je suis suis présentement, ou français comme Marion avec qui je suis allé au lycée et à qui il était devenu impensable de ne pas s'installer ici après y avoir étudié une année. J'ai moi aussi, déjà après seulement quatre jours ici, la certitude que mon histoire avec Montréal connaîtra plusieurs chapitres, comme touriste ou pas.

 

Cette coupure me laisse aussi le temps regarder en arrière et d'analyser les six mois qui viennent de s'écouler. Si je n'ai pas encore tout le recul nécessaire, mais je sais que cette aventure laissera un impact immense sur ma vie à compter de ce jour. J'ai eu la chance et me suis donné les moyens de découvrir un peu du monde, de prendre part à des expériences peu commune, comme être un membre du staff « France » aux Jeux Olympiques de Londres mais le PCT est le point fort de ma vie. J'ai vu des endroit magnifiques, je me suis confronté à moi-même ainsi qu'aux éléments. J'ai rencontré des gens incroyables et appris beaucoup sur moi-même. J'ai sans doute vécu des moments parmi les plus heureux de ma vie mais ai aussi repoussé mes limites, plus que jamais et ai traversé des moments difficiles, physiquement comme mentalement. J'en sais plus sur la personne que je veux être et la direction que je veux donner à ma vie.

 

Le soutien que j'ai reçu au cours du trek comme depuis que j'ai pris la décision de faire demi-tour venant de mes proches comme de connaissances mais aussi parfois de parfaits inconnus, m'a énormément touché et je n'ai pas les mots pour vous en remercier.

Je suis fier de ce que cette aventure m'a apporté et content qu'elle nous ait permit de récolter $2 500 pour l'ONG népalaise « Népal CONCERN » qui mettra ces fonds à bon usage afin de permettre à des enfants d'avoir accès à l'éducation. Plus personnellement, je ne sais pas encore sous quelle forme, mais je sais que je veux continuer à essayer de rendre ce monde meilleur et plus équitable. Je sais aussi que je serais de retour sur le PCT pour terminer, au minimum, les sections que je n'ai pas pu faire.

 

Merci de me suivre et de votre soutien.

Sincèrement, Charlie.

 

 

 

PS : Pour ceux qui lisent l'anglais, voici un article sur mon ami qui avait été perdu pendant 6 jours dans un journal de l'Oregon.

 

http://www.oregonlive.com/pacific-northwest-news/index.ssf/2013/10/pacific_crest_trail_hiker_alej_2.html

 
Note : 3.50 - 2 votes



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